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LES VOYANTSLES TROIS PETITS PASTOUREAUX.
Fatima, paroisse rurale de 2500 âmes en 1917, situé à 130 km au nord de Lisbonne, dans le district (département) de Santarem. Elle appartient au diocèse de Leiria, dans la Basse-Beira. Elle est formée d'une quarantaine de hameaux, perdus dans les replis d'un plateau, rattaché au massif montagneux appelé Serra de Aire. Son nom était pour ainsi dire ignoré de tous — même des Portugais. À huit cents mètres au sud du village, de chaque côté d'une route tortueuse, balayée par les vents, grossièrement pavée, et tout juste assez large pour laisser passer deux charrettes à bœufs, se trouve le hameau d'Aljustrel. Les habitants sont des paysans rudes et laborieux, constamment occupés aux travaux des champs, sur ce sol ingrat. Les maisons sont petites, sans étages, couvertes de tuiles. La facade, d'ordinaire blanchie à la chaux, est coupée de deux petites fenêtres et d'une porte étroite à laquelle on accède du chemin par deux ou trois marches de pierres. Si nous pénétrions, nous trouverions partout le même mobilier rustique, solide certes, mais qui nous paraîtrait bien insuffisant. Toutefois, sur les murs, témoignant des sentiments profondément religieux des habitants, nous verrions toujours le saint Crucifix et une profusion d'images pieuses.
L'aïeul du père de Lucie était originaire de la paroisse de Santa Catarina et s'installa à Aljustrel après son mariage. A cette époque là, dans les petits villages, chaque famille avait son sobriquet en second nom, souvent pour les distinguer des voisins portant le même patronyme. Ces sobriquets étaient même plus usités que les véritables noms. Les gens du hameau se mirent donc à donner le sobriquet de « La Courge » à la famille Marto, parce qu'elle venait d'un pays où les courges viennent très bien. Le père de Lucie garda affectueusement ce sobriquet. Celui-ci, ne fréquentait guère l'église mais n'avait pas de mauvais sentiments . Il buvait assez, mais n'était pas un alcoolique, et son insouciance à bien cultiver ses terres posa quelques problèmes au sein de la famille. Ce fut donc son épouse Maria, dite « La Perulheira » parce qu'elle venait du hameau portant ce nom, qui s'occupait de l'éducation des enfants avec beaucoup de talent. Très appréciée de tous, elle apprenait aux jeunes filles du bourg à tisser et à coudre. Très souvent aussi, les voisines, pendant leurs travaux aux champs, lui confiaient la garde de leurs enfants. Femme au grand cœur, elle s'occupait également des malades.
Mariée pour la première fois en 1888, elle eut deux fils : Antonio et Manuel ; puis, devenue veuve après sept ans de mariage, elle épousa en 1897 en secondes noces Manuel Pedro Marto (né en 1873), la famille compta sept autres enfants : José, Jean, Florida, Thérese, François (né le 11 juin 1908, et baptisé le 20) et Jacinthe (née le 10 mars 1910, et baptisée le 19) ; elle est venue au monde sept mois après la proclamation de la République au Portugal et après un autre « compte » de 7 — sept années — Notre-Dame est apparue à Fatima. « Ti Marto », comme on l'appelait dans le hameau, avait été mobilisé pour faire la guerre contre le Mozambique, il avait alors 25 ans. Militaire à Leiria au 6ème Régiment de Chasseurs, il partit donc pour l'Afrique, sur le bateau qui s'appelait « Embate ». Il y avait sur le navire un chapelain qui célébrait la Sainte Messe, sauf quand la mer était mauvaise. Le Dimanche, tous les soldats allaient à la Messe, et, de même, lorsqu'ils avaient débarqué au Mozambique. Après quatorze mois de mobilisation, il revint chez lui, au Portugal, où il se maria. Ce saint homme rendit l'âme à Dieu en février 1957. Héroïcité et spiritualité des petits voyants :La petite Jacinthe avait un caractère doux et tendre. Elle n'avait que 7 ans au moment de la première apparition. Son frère François, deux ans de plus qu'elle, avait le même caractère que son père : humble et doux. Lucie rapporte encore que le fils d'une ses tantes avait quitté la maison paternelle depuis longtemps et personne ne savait ce qu'il était devenu. De passage à Fatima, n'ayant pas trouvée Lucie, elle demanda à Jacinthe de prier pour son fils. Au bout de quelques jours, le fils reparut à la maison, demanda pardon à ses parents et raconta qu'après maintes aventures malheureuses, il tomba à genoux, se mit à prier, et vit Jacinthe qui lui prit la main, le conduisant à la route qui va de Alqueidao à Reguengo, et lui fit signe de continuer par là. Il affirmait avoir vu Jacinthe et l'avoir parfaitement reconnue. Interrogéé, la fillette répondit qu'elle ne savait même pas où se trouvait cette route où le jeune homme s'était perdu. « J'ai seulement prié beaucoup Notre-Dame pour lui, car j'avais du chagrin en pensant à la tante de Lucie ». Telle fut sa réponse. Comment donc cela avait-il pu se produire ? Dieu seul le sait. François et Lucie obtinrent eux aussi de Notre-Dame beaucoup de grâces en faveur de ceux qui se recommandaient à leurs prières. (
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