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Site de référence des Apparitions de la Sainte Vierge à Fatima
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HISTOIRE DU PORTUGAL
de l'origine, jusqu'à 1917

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Dès la plus haute Antiquité, le territoire est peuplé par des tribus ibères auxquelles les Romains, lors de leur conquête au premier siècle avant Jésus-Christ, donnent le nom de Lusitaniens. Dès la fin du IVème siècle, les vandales pénètrent en Lusitanie, puis les Suès et plus tard les Wisigoths. Ces derniers organisent de petits royaumes qui ne pourront résister aux assauts des Maures, en 711, sous la conduite du général Tank, qui donna son nom au rocher de Gibraltar : Djebel ai Tank. Les Arabes conquirent toute l'Espagne sauf une fine bande de territoire, les Asturies, située tout à fait au nord-ouest de l'Espagne.

En 717, Don Pelayo (en français Don Pélage), chef des Espagnols, passa toute une nuit en prière dans une grotte des Asturies : la Cova Donga. La Sainte Vierge lui apparut dans cette grotte et lui ordonna de commencer dès le lendemain la Reconquête (en espagnol Reconquista), bien qu'il n'eût qu'une poignée de soldats en face d'une énorme armée arabe. La Reconquista dura huit siècles moins 25 ans, de 717 à 1492. La Sainte Vierge avait prescrit cette reconquête parce que l'Espagne est catholique et doit le rester.

Carte du PortugalC'est en 1095 qu'Alphonse VI, roi de Léon et de Castille fit présent à son gendre Henri, comte de Bourgogne de la région comprise entre le Minho et le Douro (dans le Nord du Portugal actuel, territoire où l'on récolte le célèbre vin de Porto). Porto s'appelait alors « Porto Gallo », c'est-à-dire le « port français » et le comte de Bourgogne adjoignit à son titre celui de comte de Portugal, par déformation du nom. Ces deux provinces du Douro et du Minho avaient été conquises par Alphonse VI sur les Sarrasins et le comte de Portugal continua son œuvre et étendit son domaine par les armes.

Dès le X ème siècle, la région comprise entre le Minho et le Douro, le Comitatus Portucallensis, et sa capitale, Portus Cale (Porto), échappent à l'emprise musulmane et, au début du XI ème siècle, sont sont placées sous la suzeraineté de Ferdinand de Castille. La région, érigée en comté de Portugal, est confiée à Henri de Bourgogne. Ses descendants s'affranchissent de leurs liens de vassalité, et Alphonse VII de Castille reconnaît la royauté portugaise aux termes du traité de Zamora (1143). Les successeurs du premier roi de Portugal, Alphonse I er Henriques (1128-1185), parachèvent la Reconquista au XIII ème siècle. Alphonse III (1248-1279) conquiert l'Algarve, Faro, Silves. Au traité d'Alcañices (1297), le Portugal a atteint ses limites actuelles.

Au soir de la bataille décisive d'Ourique sur les Maures, le fils d'Henri de Bourgogne, Alfonso Henrique, devint roi du Portugal et choisit la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Patronne de ce nouveau royaume, saint Michel comme protecteur de ses armées, et fit donation à saint Bernard, en 1142, d'une parcelle de terrain pour y construire le monastère d'Alcobaça (ci-contre) non loin de la ville de Fatima, classé patrimoine mondial de l'humanité depuis 1989.
Les luttes continuèrent pour chasser les Maures du sud, mais cette fois les croisés avancèrent sur le champ de bataille sous la protection de la Mère de Dieu, et ce ne fut qu'en 1147 qu'Alphonse I s'empare de la région de Lisbonne.

Bien entendu, tous les noms de villes changèrent, mais il en est une qui garde encore de nos jours un nom typiquement arabe : celle de Fatima. D'après la légende, ce village dont la Vierge apparaîtra en 1917, doit son nom à une histoire d'amour : Pendant cette lutte de reconquête, un croisé espagnol, Gonzalo Hermingues captura la fille du puissant seigneur musulman d'Alacer do Sol. Cette captive, belle à ravir, s'appelait Fatima, comme la fille de Mahomet. Gonzalo Hermingues et sa captive furent bientôt amoureux l'un de l'autre. Fatima se convertit librement au catholicisme, fut baptisée sous le prénom d'Ouranea (ce qui donne l'étymologie de la ville d'Ourem :Vila Nova de Qurem, où fut soignée la petite Jacinthe pendant la grippe espagnole de 1919) et le mariage fut célébré.

Monastère d'AcobalcaFatima mourut à la fleur de l'âge. Gonzalo Hermingues, inconsolable, se fit moine à l'abbaye cistercienne d'Alcobaca, fondée par saint Bernard, à la demande du premier roi du Portugal — d’origine française — qui voulait ainsi remercier d'une grande victoire remportée sur les musulmans pour reprendre Santarem. Rapidement, l'Abbaye d'Alcobaca eut un petit prieuré dans la montagne voisine et le Frère Hermingues y fut envoyé. Il s'empressa de faire venir auprès de lui les restes de sa chère Fatima ; le lieu prit son nom et s'appelle toujours Fatima. Cela veut-il dire qu'un jour les musulmans se convertiront au catholicisme ? Dieu seul le sait. Le triomphe du Cœur immaculé de Marie comporterait alors la conversion des musulmans.

En 1249, Alphonse III s'empare du dernier bastion musulman : la pointe sud du territoire. Le règne de Ferdinand I, dernier roi de la dynastie de Bourgogne, n'apporta rien de bon au royaume : guerres, pestes... etc. Mort en 1383, sans enfants mâles, le roi Jean Ier de Castille réclama la couronne du chef de sa femme Béatrice, fille du roi défunt. Mais la reine-mère administrait le royaume sous le titre de régente.
Les intrigues du roi de Castille et la conduite scandaleuse de la régente apportèrent des troubles graves dans la contrée. En avril 1385, après la réunion des Cortès à Coïmbre, l'infant Joao, grand maître de l'Ordre d'Aviz (Ordre religieux et militaire), fils naturel du roi Pierre Ier (il était né à Lisbonne en 1357), prenait le totre de roi du Portugal et des Algarves. Aussitôt, il s'occupa de libérer son territoire des troupes espagnoles qui cherchaient à s'emparer de Lisbonne, déjà bloquée par la mer. Jean Ier, le nouveau roi du Portugal, n'avait qu'une petite armée à opposer à celle de son beau-frère Jean Ier de Castille, trois fois plus nombreuse et dotée de bombardes. Mais le connétable don Nuño Alvarès Pereira commandait l'armée portugaise et brusqua les choses en décidant le 7 août 1385 de marcher seul au combat avec son étendard portant l'image de la Sainte Vierge qu'il était venu prier sur le plateau de Fatima. Sur cet étendard, on pouvait lire : « Au nom de Dieu et de la Vierge Marie ».

Bienheureux NunoQuelques jours plus tard, le 13 août, Jean d'Aviz rejoignit Dom Nuno sur le plateau de Fatima et firent une promesse en invoquant la protection de la Sainte Vierge : « Si la victoire revient au Portugal, un monastère sera élevé en Son honneur et le roi ira en action de grâce au sanctuaire de Notre Dame d'Oliveira ». La victoire fut immédiate !. Le lendemain, l'armée espagnole malgré sa puissance en hommes, se retira du champ de bataille après une cuisante défaite à Aljubarrota. Cette bataille qui sauva l'indépendance du pays est, pour les portugais, ce qu'est pour nous, français, la délivrance d'Orléans réalisée par Sainte Jeanne d'Arc en 1429.

Le roi Jean Ier tient promesse et se rendit à pied au sanctuaire, éloigné de 250 km. Il fit bâtir en 1388, sur le lieu où l'armée castillane avait commencé à être mise en déroute, à Canoeira, une église sous le vocable de Notre-Dame de la Victoire et le monastère dominicain de Bathalha, et demanda au pape Bonifacio IX que toutes les cathédrales du Portugal soient dédiées à la Sainte Vierge; ce qui fut fait un 13 mai.

Dès lors, de 1385 à 1580, le Portugal connaîtra de grandes réussites et de bons monarques :

Expéditions maritimes : Découverte des Indes par Vasco de Gama, le 20 mai 1498; Découverte du Brésil en 1500, par le navigateur Pedro Alvares Cabral. Missions en Afrique et au nouveau Brésil.

Mais, hélas, en 1580, quand le roi Henri le Cardinal meurt sans désigner d'héritier, le pays retomba sous la domination espagnole à un moment pas très glorieux pour son Histoire. La domination espagnole et la pratique de l'inquisition, amènera le royaume portugais à sa ruine : les colonies asiatiques tombèrent aux mains des Néerlandais ou des anglais; le commerce des épices décroît... et il faudra attendre le 1er décembre 1640 pour que, enfin, le Portugal retrouve sa souveraineté, proclamant Roi le duc de Bragance sous le nom de Jean IV; ce qui ne fut pas du goût de l'Espagne qui déclencha une guerre de 28 années!!! ponctuée de nombreuses victoires portugaises, sous la divine protection de la Vierge de la Conception. En effet, dès 1644, Jean IV consacra le royaume à Marie, et deux années plus tard, les Cortes élurent l'Immaculée Conception Reine du Portugal, et promirent de défendre jusqu'à la mort la doctrine de l'Immaculée Conception.

Le règne de Pierre II marque un renforcement de l'autorité royale. L'Angleterre, qui soutient la dynastie de Bragance, obtient un traité commercial avantageux en 1703. Les affaires sont confiées, de 1750 à 1777, au marquis de Pombal. Très anticlérical, il lutta contre l'église pour tenter de la réduire à néant. Il déchaîna littéralement l'opinion publique contre les prétendus abus des Jésuites, à tel point que le Saint-Siège ne put que supprimer cet ordre. Mais la manœuvre du Marquis avait dépassé ses espérances : le ressentiment du peuple portugais s'étendit aux autres ordres religieux. En voulant abattre ses ennemis personnels, les Jésuites, Pombal avait porté un coup fatal à l'Eglise. Les sectes occultes ou mystiques profitèrent de cet état de choses pour se manifester, intensifier leur propagande et leurs représentants s'infiltrèrent jusque dans le gouvernement, mais le peuple resta toutefois fidèle à la Sainte Vierge et lui éleva même un sanctuaire près de Braga, dès 1863.

Douze ans après la démission de Pombal, la révolution française libérait de nouveaux courants d'idées. Puis, les soldats de Napoléon importèrent au Portugal, qu'ils occupèrent, les idées toutes fraîches. Le roi Jean VI s'était réfugié dans la lointaine colonie du Brésil et son absence n'était pas faite pour calmer l'opinion et l'ordre publics. Les Anglais, venus à la rescousse pour chasser les armées napoléoniennes, s'attardèrent dans le pays, ajoutant à la confusion. Aussi, en 1820, lorsque le roi rentra au Portugal, y trouva-t-il un désordre extrême. Et force lui fut d'admettre la Constitution votée par les Cartes, constitution inspirée à la fois par l'exemple français et anglais, et tendant à implanter le libéralisme dans un pays qui n'y était pas préparé.

Le fils de Jean VI, le prince Dom Pedro demeuré au Brésil, profita du chaos pour se proclamer Empereur du Brésil, mais il sut revenir bien vite au Portugal à la mort de son père pour disputer le trône à son frère Dom Miguel, en 1828. Les deux frères se livrèrent alors une guerre sans merci, dévastant une fois encore le pays écrasé par les occupations étrangères, en proie aux pires convulsions spirituelles, ce qui acheva de le ruiner. La lutte fratricide se termina par la victoire de Dom Pedro qui monta sur le trône sous le nom de Pierre IV. Dans cette lutte injuste, l'Eglise avait pris le parti de Miguel, tandis que Pedro avait vu voler à son secours les libéraux et les francs-maçons. Ceux-ci lui avaient posé, pour condition de leur collaboration, la promesse d'un « ordre nouveau », plus libéral encore et plus anticlérical. Pierre IV, pour tenir ses promesses rompit les relations avec le Saint-Siège et laissa à son ministre Aguiar le soin d'organiser la lutte contre le clergé. En 1834, tous les ordres religieux furent chassés du Portugal, leurs biens furent confisqués, y compris les établissements hospitaliers et de charité. Impuissant, désormais, le roi laissa faire.

En 1842, après sept années de cette flambée anticléricale, l'Eglise releva un peu le front. Certains ordres religieux, même, se réorganisèrent et le gouvernement ferma les yeux, apeuré sans doute — mais trop tard — par les mesures du ministère Aguiar. Encouragés, cependant, par la vague de libéralisme qui venait de déferler, les progressistes et libre-penseurs s'emparèrent de la presse. La masse put, dès lors, être travaillée aisément et il ne faut pas s'étonner, dans ces conditions, de voir dès 1891, à Porto, une tentative d'installation de la République. Le début du XXème siècle s'annonce mal, et les troubles se propagent. En 1901, une nouvelle poussée anticléricale parcourt le pays, tandis que, çà et là, s'organisent librement des « Cercles Républicains ». Le pouvoir est lui-même débordé ; la révolution gronde. Le 1er février 1908, à Lisbonne, le roi Charles Ier est assassiné, ainsi que son fils ainé, par deux carbonari, Buiça et Costa. Son second fils, Manuel II, monte cependant sur le trône, mais il en est chassé en 1910, et part en exil, où il mourra, tandis que la république libérale et laïque est proclamée le 5 octobre ; dès lors, tout sera fait pour que, une bonne fois pour toute, le programme franc-maçon soit appliqué à la lettre : dès les premiers jours, le nouveau gouvernement républicain prend des mesures extrêmement sévères contre l'Eglise qui s'était, tant bien que mal, réorganisée. Les lois Pombal et Aguiar, que l'on avait « oublié » d'appliquer depuis quelques années, sont remises en vigueur.
— Lois contre les familles par l'institution du divorce ;
— Suppression de l'enseignement religieux dans les écoles ;
— Contrôle par l'état des programmes scolaires ;
— Loi de séparation de l'église et de l'état (promulguée en 1911).
Les biens du Clergé sont confisqués, les évêques sont chassés de leurs évêchés, les prêtres sont bannis, les églises sont pillées, les chapelles sont détruites ou incendiées. Le 26 Mai, à la veille de publier la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui fut si mal appliquée qu'elle donna lieu à de nouveaux abus, Afonso Costa, alors nommé Président du Conseil des Ministres, se laissait aller à déclarer : « Grâce à cette loi de séparation, dans deux générations, le catholicisme sera complètement éliminé au Portugal ».

St Pie XLe 24 mai 1911, par son encyclique « Jamdudum in Lusitania », le Pape Pie X rejeta vigoureusement ces lois qui méprisaient Dieu ; mais le pays fut malgré tout livré aux pires désordres : les francs-maçons mirent le pays au bord de la ruine, prouvant (si besoin en était) leur incompétence à diriger les affaires pour le bien du peuple et de la Patrie. Une Assemblée nationale constituante fut élue en mai 1911, avec la participation presque exclusive du Parti républicain. La Constitution votée la même année, dans la filiation de celle de 1822, s'inspirait des Constitutions brésilienne et française.

Ces années-là, et celles qui suivirent, furent marquées, au Portugal, par une succession d'émeutes, de révolutions et par une misère tellement atroce qu'elle excuse bien des gestes, autrement incompréhensibles. La haine inculquée au peuple par la presse était, en fait, la seule nourriture qu'on lui jetait quotidiennement en pâture. Et l'on faisait, par exemple, défiler les enfants des écoles dans les rues en leur faisant porter des pancartes ainsi rédigées : « Ni Dieu, ni Religion ! ».

Quelques étudiants, pourtant, ont réagi. Clandestinement, ou presque, ils ont créé à l'Université de Coïmbra le « Centre d'Action Démocratique Chrétienne ». Mais leur « Action » est bien limitée. C'est pourtant de ce creuset que sortiront, quelques années plus tard, les hommes qui sauvèrent le Portugal de la faillite définitive. Parmi eux deux camarades, qui resteront amis à jamais : un certain Antonio Salazar, qui devint Président du Conseil du Portugal et principal artisan du redressement national entre 1932 et 1968 et un certain Cerejeira, futur Cardinal-Archevêque de Lisbonne et Primat du Portugal de 1929 à 1971, autre sauveur de son pays. Entre 1911 et 1926 ce ne sont pas moins de 40 gouvernements qui se succédèrent à la tête du pays !.

Dans ce Portugal où le catholicisme restait solidement implanté dans la grande majorité de la population, mais où les idées maçonniques et libérales avaient fait déjà d'importants ravages, la région de Fatima demeurait l'une des mieux préservées, l'un des bastions les plus fidèles aux antiques traditions catholiques et royales. Dans la période agitée, après la loi de séparation de l'Église et de l'État, on ne put jamais, ni de gré, ni de force, procéder dans la circonscription d'Ourem (où se trouve Fatima), à l'inventaire des biens de l'Église, ce qui fut un cas unique dans tout le Portugal. Oui, c'était bien en vérité que les trois petits bergers : Lucie, François et Jacinthe, pouvaient chanter et prier en gardant leurs moutons.

En 1917, au beau milieu de la première guerre mondiale, où 40'000 portugais se préparaient à partir à côté des alliés, (une guerre qui fera en Europe plus de 15 millions de morts), le pape Benoît XV organisait une croisade de prières à Marie Médiatrice de toutes grâces afin d’obtenir la paix. Le dernier jour de la neuvaine sera ce 13 mai 1917 : son appel angoissé recevait alors une réponse des lèvres mêmes de la divine Médiatrice.


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