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Catéchisme |
| SOMMAIRE PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS Trinité Théologales CATÉCHISME POUR ADULTES de Dieu de la vraie Église point de salut de l'Église des Saints Apôtres La morale et les péchés : Théologales Commandements de Dieu : commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement Commandements de l'Eglise : commandements commandement commandement La Grâce, les Sacrements, la prière Conscience dominicale Angélique chrétien |
ENSEIGNEMENTCATÉCHISME POUR LES ADULTES. TRENTE NEUVIÈME LEÇON LE HUITIÈME COMMANDEMENT DE DIEU
Dieu, que nous adorons, est Dieu de vérité : « Vous m'avez racheté, Dieu de vérité » dit le Prophète-Roi. D'où il suit que tout ce qui est contraire à la vérité offense Dieu. Il aime essentiellement la vérité, mais il déteste la duplicité et le mensonge : « Vous fuirez le mensonge » est-il dit au livre de l'Exode ; et dans le Nouveau Testament Jésus-Christ nous recommande de ne rien attester comme vrai que ce que nous savons certainement être tel. Il nous est donc ordonné de fuir le mensonge, le faux témoignage et la calomnie, et aussi la médisance et le jugement téméraire, qui, en soi, ne sont point des mensonges, mais qui peuvent facilement y porter. Il est bien rare, en effet, que celui qui médit du prochain ou le juge témérairement se contienne longtemps dans les limites de la pure vérité : de la médisance et du jugement téméraire au mensonge et à la calomnie, la transition est facile et le pas est glissant !... D : Qu'est-ce que le faux témoignage ? Paraître comme témoin devant un tribunal, en présence des magistrats établis pour rendre justice, et déposer contre la vérité, ne pas dire tout ce qu'on sait ou dire le contraire de ce qu'on sait : voilà ce qu'on appelle rendre faux témoignage, être faux témoin. D : Ceux qui sont appelés en témoignage devant les juges sont-il obligés de dire la vérité ? Celui qui est appelé comme témoin devant un juge doit dire toute la vérité, rien que la vérité ; il s'y engage par serment, en levant la main, et s'il ne la dit pas, il devient parjure, outrage Dieu, qu'il a pris à témoin, et se rend coupable d'un grave péché digne de l'exécration de Dieu et des hommes. D'après le code pénal, le faux témoignage, soit contre celui qui est accusé d'un crime ou d'un délit, soit en sa faveur, est puni de la peine de l'emprisonnement et d'une amende. On est passible des mêmes peines quand on suborne des témoins, c'est-à-dire quand on les engage par argent, par promesse, par menaces ou autrement, à faire une déposition contraire à la vérité.
Le faux témoin est obligé non-seulement de faire pénitence de son acte, mais encore de réparer tout le dommage qu'il a causé au prochain ; si, par exemple, il l'a fait condamner injustement à l'amende, il doit lui donner une somme égale à celle qu'il a été obligé de payer ; s'il l'a fait condamner à la prison et mis hors d'état de gagner sa vie, il doit réparer le préjudice qu'il a porté à l'honneur et à la réputation du prochain. D : Qu'est-ce mentir ? Mentir, c'est dire une chose contraire à ce qu'on pense dans l'intention de tromper ceux à qui l'on parle, et de leur faire croire le contraire de ce qu'on a dans l'esprit. L'essence du mensonge est de parler contre sa pensée : lorsqu'on affirme une chose que l'on croit vraie, et qui ne l'est pas, c'est une erreur, mais ce n'est pas un mensonge. Par la raison contraire, quand on affirme comme véritable une chose vraie que l'on croit fausse, on fait un mensonge tout en disant la vérité. Ainsi le mensonge ne tire pas sa malice précisément de la vérité ou de la fausseté de ce que dit, mais de la duplicité du cœur du menteur, qui veut persuader à ceux à qui il parle le contraire de ce qu'il pense. On peut mentir non seulement par paroles, mais encore par actions, par gestes, par son silence même, lorsque par telle action, tel geste, ou même en gardant le silence, on a l'intention de manifester au dehors des sentiments qu'on n'a pas. Pour qu'il y ait mensonge, il faut parler contre la vérité avec l'intention de tromper, et que la chose soit vraisemblable : ainsi, si quelqu'un vous disait qu'il a fait quarante kilomètres à pied dans une heure, ce serait une absurdité, mais ce ne serait pas un mensonge : car nul de vous ne serait tenté de le croire. D : Peut-on mentir par plaisanterie, pour s'excuser, ou pour rendre service au prochain ? On distingue trois sortes de mensonges : le joyeux, l'officieux, et le pernicieux. Le mensonge joyeux est celui que l'on fait pour plaisanter ou pour amuser les autres, sans qu'il en résulte rien de désavantageux à qui que ce soit. Le mensonge officieux est celui que l'on fait pour rendre service au prochain ou pour se rendre service à soi-même, comme pour se disculper ou prévenir une réprimande. Le mensonge pernicieux est celui qui porte préjudice au prochain, comme lorsqu'on accuse un innocent ou qu'on dénie une dette juste.
Noirci la réputation du prochain, en disant de lui du mal qu'il n'a pas fait, ou en lui attribuant des défauts, des vices qu'il n'a pas voilà ce que c'est que calomnier. La calomnie est un mensonge pernicieux au plus haut degré, et elle blesse en même temps la charité et la justice. D : Qu'est-ce que médire ? On nuit à la réputation de prochain, ou en disant faussement du mal, et c'est la calomnie ; ou en révélant sans nécessité ses fautes ou ses défauts réels, et c'est la médisance. Je dis en révélant sans nécessité : car la médisance est une diffamation injuste ; or, la diffamation cesse d'être injuste quand il y a des raisons graves de parler ; un témoin, par exemple, interrogé par les magistrats, leur doit toute la vérité ; c'est faire une action louable que de révéler à un supérieur, à un père de famille, des désordres ignorés, afin qu'il les réprime ; c'est un acte de charité de faire connaître à des particuliers des fautes ou des défauts d'autrui, qui peuvent nuire à leurs bien spirituels ou temporels. Dans tous ces cas il y a en un certain sens diffamation, mais il n'y a pas médisance parce que la diffamation n'est point injuste. D : Est-ce un mal de faire connaître les fautes ou les défauts du prochain, quand on ne dit que la vérité ? Faire connaître sans nécessité les torts, les défauts d'autrui, quoiqu'on ne dise que la vérité, n'est-ce pas violer ouvertement le précepte de la charité qui nous ordonne d'aimer le prochain comme nous-mêmes ? Voudriez-vous qu'on révélât vos défauts cachés ? non certainement, vous devez donc taire ceux de vos frères. Ils sont pleins d'imperfections et de faiblesse ? mais vous, êtes-vous parfaits ? ils ont commis des fautes : mais leurs péchés font-ils donc vos vertus ? Ils ont leurs défauts : mais n'avez-vous pas les vôtres ? n'avez-vous pas peut-être ceux mêmes que vous relevez, que vous publiez, que vous exagérez avec tant de méchanceté ? Quelle lâcheté, d'ailleurs, que d'attaquer ceux qui, étant absents, se trouvent dans l'impossibilité de se défendre ! vous n'osez attaquer de front ! c'est dans l'obscurité que vous portez vos coups ! vous médisez par derrière ! Est-il une conduite plus lâche et plus vile ? et cette conduite est celle de tous ceux qui médisent du prochain ; aussi le Saint-Esprit les compare à l'animal rampant qui enfonce en silence sa dent meurtrière : Si mordeat serpens in silentio, nihil eo minus habet qui occulte detrahit (Eccl.,X). D : Peut-on écouter la médisance avec plaisir ? Si la langue qui se plaît à répandre le mal porte au péché, l'oreille qui prend plaisir à le recueillir n'est pas moins en état de péché. « Munis tes oreilles d'épines, dit l'Esprit-Saint, et garde-toi d'écouter la langue méchante » (Eccl.,XXVIII). La médisance est un glaive à deux tranchants qui tue d'un même coup deux âmes, et il est souvent difficile, dit saint Bernard, de décider lequel est le plus coupable de celui qui médit, ou de celui qui prête l'oreille à la médisance. Saint Grégoire est persuadé qu'il y aura dans l'enfer autant d'âmes tourmentées pour avoir entendu des médisances que pour les avoir faites. Puisqu'il n'est jamais permis d'écouter avec plaisir la médisance, que faut-il donc faire quand on entend médire ?
Le calomniateur est tenu de rétracter toutes les faussetés qu'il a publiées sur le prochain ; il est obligé d'avouer son tort dans toute son étendue. Si sa réputation en souffre, celle du prochain, qu'il a indignement flétrie, exige impérieusement ce sacrifice ; sans cela, point de pardon à espérer, et par conséquent point de salut. Un voleur ne doit-il pas s'il veut se réconcilier avec Dieu et se sauver, restituer le bien qu'il a usurpé ? Or, le calomniateur a privé le prochain d'un bien plus précieux mille fois que tous les trésors ; il lui a volé son honneur : il doit donc le lui restituer, et pour cela rétracter franchement et positivement tout le mal qu'il a inventé contre lui. Ce n'est pas tout : si la calomnie a causé quelque dommage au prochain, il y a obligation de le réparer ; le calomniateur est à l'origine, par exemple, qu'un ouvrier a été mis à pied et a manqué de travail pendant un mois : il doit l'en indemniser et lui payer la somme qu'il aurait gagnée, s'il ne l'eût pas calomnié. D : A quoi est tenu le médisant ? Moins grave dans sa nature que la calomnie, la simple médisance a cela de plus fâcheux qu'elle est plus difficile à réparer. On ne peut pas la rétracter, puisqu'on n'a dit que la vérité : que faut-il donc faire ? Demander pardon à celui dont on a médit ; dire de lui tout le bien qu'on en connaît ; prier les personnes devant qui on a mal parlé de ne point faire usage de ce qu'on leur a dit ; faire tout ce qui est possible pour détruire l'opinion fâcheuse qu'on a donnée du prochain. De plus, le médisant doit réparer tous les dommages qui ont pu résulter des mauvais propos qu'il a semés ; par exemple, il a été la cause que tel marchand a perdu des clients ; il est obligé de le dédommager de toutes les pertes qu'il a occasionnées. Au reste, quelques moyens que l'on prenne, il est toujours extrêmement difficile de réparer le mal causé par la médisance et la calomnie. Les paroles, dit saint Bernard, volent rapidement et passent légèreté ; dans ce passage, dans ce vol rapide, elles font des plaies bien dangereuses et bien profondes ; aisément elles s'insinuent dans l'esprit, difficilement elles en sortent ; et s'il est vrai, comme il est impossible d'en douter, que l'iniquité subsiste tant qu'elle n'est pas suffisamment réparée, et si c'est ici la plus irréparable de toutes, combien ne doivent pas trembler devant Dieu les médisants et les calomniateurs !. D : Qu'est-ce que juger témérairement ? Ce n'est point un péché de juger mal du prochain, quand il y a pour cela un fondement certain ; par exemple, vous voyez un homme qui fait une action mauvaise de sa nature : ce n'est point un péché de juger qu'il est coupable, parce que vous avez une raison on ne peut grave pour porter un semblable jugement. Mais vous apercevez une personne qui fait une chose bonne en elle-même, et sans motif vous lui supposez de mauvaises intentions, vous jugez qu'elle agit par hypocrisie, pour s'attirer l'estime du monde, etc. ; vous apercevez quelqu'un entrer dans une maison, et sans raison vous jugez qu'il y entre pour voler ; vous avez perdu un objet, et, sans en avoir la moindre preuve, vous jugez que c'est un tel qui vous l'a pris ; ce sont là autant de jugements téméraires, autant de péché contre la charité et la justice : TRAITS HISTORIQUES Les chrétiens qui sont exposés aux médisances et aux calomnies doivent supporter avec patience cette épreuve que le ciel leur envoie, à l'imitation de Jésus-Christ, qui supporta avec résignation les faux témoignages et les calomnies dont on le chargea devant les tribunaux, et les injures et les outrages dont il fut accablé jusque sur la croix. Un libertin irrité de ce que saint François de Sales lui avait arraché sa proie, contrefit l'écriture et le style du saint, et lui prêta le langage de la plus infâme passion. Cette calomnie fit des dupes sans nombre, et le saint, taxé d'homme corrompu et d'abominable hypocrite, souffrit patiemment cette inculpation. Mais deux ans après, le coupable, bourrelé de remords, rétracta publiquement ce qu'il avait avancé. Un juge, chez qui saint Vincent de Paul habitait, l'accusa de lui avoir volé quatre écus, et décria ce saint digne de l'admiration de tous les siècles. Peu ému de cette accusation, Vincent se contenta de dire tranquillement : Dieu sait la vérité. Ce fut là sa seule réponse pendant six ans que ce soupçon pesa sur lui. Le véritable voleur finit par se découvrir lui-même.
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