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Catéchisme |
| SOMMAIRE PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS Trinité Théologales CATÉCHISME POUR ADULTES de Dieu de la vraie Église point de salut de l'Église des Saints Apôtres La morale et les péchés : Théologales Commandements de Dieu : commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement Commandements de l'Église : commandements commandement commandements La Grâce, les Sacrements, la prière Conscience dominicale Angélique chrétien |
ENSEIGNEMENTCATÉCHISME POUR LES ADULTES. QUARANTE CINQUIÈME LEÇON LE PÉCHÉ
Ne pas observer les Commandements de Dieu, c'est refuser de faire ce que Dieu ordonne, ou bien se permettre ce qu'il défend ; c'est avoir une volonté opposée ; c'est lever contre Lui l'étendard de la révolte ; c'est lui dire : « Je ne veux point vous écouter, je ne veux point vous obéir : vous me commandez de vous servir, et moi je ne vous servirai point. » N'est-ce pas là se moquer de Dieu ? N'est-ce pas là l'offenser et l'outrager de la manière la plus audacieuse ? Or, cet outrage est ce qu'on appelle le péché. D : Qu'est-ce que le péché ? Le péché est une désobéissance, c'est-à-dire une pensée, une parole, une action ou une omission contraire à la loi de Dieu, et par laquelle on viole ses saints Commandements. D : Celui qui n'obéit pas à l'Église désobéit-il à Dieu ? Puisque Jésus-Christ a dit à son Église : « Celui qui vous écoute, m'écoute ; celui qui vous méprise, me méprise ; et celui qui me méprise, méprise mon Père qui m'a envoyé » ; désobéir à l'Église, c'est donc désobéir à Dieu ; mépriser l'Église, se moquer de ses ordonnances, ne tenir aucun compte ni de ce qu'elle commande, ni de ce qu'elle défend, c'est donc mépriser Dieu Lui-même. D : Celui qui n'obéit pas aux lois civiles désobéit-il aussi à Dieu ? Les lois civiles sont celles que les souverains et les corps législatifs publient dans les divers États. Une loi injuste, une loi contraire à la loi de Dieu, n'oblige en aucune manière ; ce serait même un péché que de l'observer, car « il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes, V, 29). Mais ne pas obéir aux lois justes, ce serait désobéir à Dieu, de qui émane l'autorité vraie, et qui a dit : « Rendez à César ce qui appartient à César » (Matth. XXII). L'obligation où nous sommes d'obéir aux lois civiles, quand elles sont justes, ne saurait être exprimée d'une manière plus positive et plus formelle. D : Combien y a-t-il de sortes de péché ? Le premier homme, contenant en lui tout le genre humain, avait reçu, dit Bossuet, la grâce pour tous ses enfants, et devait être puni aussi bien que récompensé en eux tous. S'il eût été fidèle à Dieu, il eût vu sa fidélité honorée dans ses enfants, qui seraient nés aussi saints et aussi heureux que lui. Mais aussi du moment que, par sa désobéissance, il a perdu la grâce de Dieu, il l'a perdue pour lui-même et pour sa postérité ; c'est-à-dire pour tout le genre humain, qui avec ce premier homme d'où il est sorti, n'est plus que comme un seul homme justement maudit de Dieu, et chargé de toute la haine que mérite le péché de son premier père. Cette malédiction sous le poids de laquelle nous nous trouvons dès notre origine, cette haine dont nous sommes l'objet, comme enfants d'Adam, cette souillure que contracte notre âme à l'instant même où elle est à notre corps, et que nous apportons en venant au monde, voilà ce qu'on appelle le péché originel, péché dont le Prophète-Roi proclame l'existence, quand il s'écrie : « J'ai été formé dans l'iniquité, et ma mère m'a conçu dans le péché. » (Ps. 50).
C'est par la volonté du premier homme, dans laquelle la nôtre était renfermée, que nous avons commis le péché originel ; c'est par suite de sa désobéissance et de sa révolte que notre âme, dès qu'elle a été unie à notre corps pour l'animer, se trouve souillée de ce péché. Le péché actuel, au contraire, est celui que nous commettons par notre propre volonté. Quand nous avons atteint l'âge de raison, c'est-à-dire quand nous sommes en état de discerner le bien d'avec le mal, ce qui est permis d'avec ce qui est défendu, si nous préférons le mal au bien, si au lieu d'accomplir la volonté de Dieu nous faisons ce qu'il défend, nous commettons un péché qui s'appelle péché actuel. D : Combien y a-t-il de sortes de péché actuels ? De même que le corps humain, outre la mort qui le rend incapable de toute action, est exposé à des maladies qui sans détruire en lui les principes de la vie, les affaiblissent considérablement ; de même l'âme humaine est sujette à deux espèces de maux, qui sont les péchés : les uns sont appelés mortels, et les autres véniels. L'âme coupable des premiers est dans un état de mort, et incapable de toute action méritoire ; celle qui n'est coupable que des seconds ressemble à un homme qui, n'ayant pas une bonne santé, et portant en lui une infirmité, continue cependant ses fonctions ordinaires, et ne cesse pas d'agir. D : Qu'est-ce que le péché mortel ? Pour qu'un péché soit mortel, deux conditions sont nécessaires : la grièveté de la matière et la plénitude du consentement. 1°) La grièveté de la matière : Lorsque nous transgressons une loi importante, nécessaire à l'obtention de notre fin en matière grave, et cela avec pleine advertance et plein consentement, le péché est mortel, parce qu'il prive notre âme de la grâce habituelle qui constitue sa vie surnaturelle. En effet, Dieu voulant, dans son infinie bonté, nous élever jusqu'à Lui, dans la mesure où le permet notre faible nature, nous donne un principe vital surnaturel, déiforme : c'est la grâce habituelle, grâce qu'on appelle créée(a), par opposition à la grâce incréée qui consiste dans l'habitation du Saint-Esprit en nous. Cette grâce nous rend semblables à Dieu et nous unit à Lui d'une façon très étroite. Lorsque nous perdons cette grâce, l'âme est en état de péché mortel. Voilà pourquoi ce péché est défini par St. Thomas : « un acte par lequel nous nous détournons de Dieu, notre fin dernière, en nous attachant d'une façon libre et désordonnée à quelque bien créé. En perdant en effet la grâce habituelle, qui nous unissait à Dieu, nous nous détournons de Lui ».
2°) La plénitude du consentement : c'est-à-dire qu'il faut, pour péché mortellement, se laisser entraîner, se porter à une chose mauvaise, avec une pleine advertance, avec une volonté entière et parfaite. Par exemple, vous déchirez la réputation de votre prochain ; vous vous en apercevez, vous pensez au préjudice que vous allez lui causer, et cependant vous continuez : il y a là plénitude de consentement, consentement parfait. Toutes les fois que les deux conditions dont nous venons de parler se trouvent réunies, le péché est mortel ; si l'une des deux manque, le péché n'est que véniel. Le péché mortel, c'est donc le mal et à vrai dire le seul mal qui existe, puisque tous les autres maux n'en sont que la suite ou le châtiment.
Dieu est la vie de l'âme, comme l'âme est la vie du corps ; et de même que le corps meurt aussitôt que l'âme en est séparée, de même l'âme meurt aussitôt qu'elle est séparée de Dieu ; or, le péché mortel opère cette séparation : il fait perdre à l'âme la grâce sanctifiante, c'est-à-dire cette charité qui la rend pure et belle aux yeux de son créateur ; il lui fait perdre l'amitié de Dieu qui, ne voyant plus en elle qu'un objet d'abomination et d'horreur, l'abandonne. Le péché mortel, par conséquent, ôte à l'âme ce qui était sa vie, et lui donne le coup de la mort, en établissant entre Dieu et elle un mur de séparation. Non-seulement le péché mortel donne la mort à l'âme, et c'est pour cela qu'on l'appelle mortel, mais il la dépouille de tous ses mérites passés. Vous auriez amassé autant de trésors pour la vie éternelle qu'au dernier jour tous les élus ensemble en auront aux yeux du souverain juge, si vous commettez un péché mortel, tout est perdu pour vous. J'ajoute que le péché mortel met l'homme dans l'impuissance absolue de rien faire qui soit méritoire devant Dieu, jusqu'à ce qu'il rentre de nouveau en grâce auprès de lui ; il est frappé de stérilité ; tous les fruits qu'il peut produire sont des fruits de mort... Enfin il est digne de la mort éternelle, c'est-à-dire de l'enfer ; et s'il ne se convertit pas, il doit s'attendre à être un jour précipité dans ce lieu d'horreur et de ténèbres, dans ce séjour de désespoir, où il aura à jamais des pleurs et des grincements de dents. Tels sont les terribles effets du péché mortel : fuyez-le donc comme on fuit à l'aspect d'un serpent... Les dents de ce monstre sont des dents de lion ; elles blessent à mort les âmes des mortels. Toute iniquité est comme un glaive à deux tranchants, et sa blessure est incurable. Pour nous rendre compte des redoutables effets du péché mortel en cette vie, rappelons-nous ce qu'est une âme en état de grâce : en elle habite la Très Sainte Trinité, qui y prend ses complaisances, et l'orne de ses grâces, de ses vertus et de ses dons ; sous l'influence de la grâce actuelle, ses actes bons deviennent des actes méritoires de la vie éternelle ; elle possède la sainte liberté des enfants de Dieu, participe à la force, à la vertu de Dieu, et jouit, à certains moments surtout, d'un bonheur qui est comme un avant-goût du bonheur céleste. Or que fait le péché mortel ? Il chasse Dieu de notre âme, et puisque la possession de Dieu est déjà une anticipation du bonheur céleste, sa perte est comme le prélude de l'éternelle réprobation : perdre Dieu, n'est-ce pas perdre en effet tous les biens dont il est la source ? Si malheureusement le pécheur s'obstine jusqu'au bout dans la résistance à la grâce, c'est l'enfer avec toutes ses horreurs : la peine du dam d'abord, peine justement méritée. La grâce n'avait cessé de poursuivre le coupable ; mais lui est mort volontairement dans son péché, c'est à dire volontairement séparé de Dieu ; et, comme ses dispositions ne peuvent plus changer, il demeurera pendant toute l'éternité séparé de Dieu. Tant qu'il vivait sur terre, absorbé par ses affaires et ses plaisirs, il n'avait pas le temps de s'arrêter à l'horreur de sa situation. Mais, maintenant qu'il n'y a plus pour lui ni affaires, ni plaisirs, il se trouve constamment en face de l'épouvantable réalité. Par le fond même de sa nature, par les aspirations de son esprit et de son cœur, de son être tout entier il se sent irrésistiblement attiré vers Celui qui est son premier principe et sa dernière fin, la source unique de sa perfection et de son bonheur, vers ce Père si aimable et si aimant qui l'avait adopté pour enfant, vers ce Rédempteur qui l'avait aimé jusqu'à mourir pour lui sur la croix ; et d'un autre côté, il se sent impitoyablement repoussé par une force insurmontable, et cette force n'est autre que son péché. La mort l'a figé, l'a immobilisé dans ses dispositions, et, parce qu'au moment même de la mort il a rejeté Dieu, éternellement il sera séparé de Lui. Plus de bonheur, plus de perfection ; il demeure attaché à son péché, et par lui à tout ce qu'il y a d'ignoble et de dégradant A cette peine du dam, de beaucoup la plus terrible, vient s'ajouter la peine du sens. Le corps ayant été le complice de l'âme participera à son supplice ; déjà le désespoir éternel qui torture l'âme du réprouvé produit en son corps une fièvre intense, une soif inextinguible que rien ne peut désaltérer. Mais de plus il y aura un feu réel, bien que différent du feu matériel que nous voyons sur terre, qui sera l'instrument de la justice divine pour châtier notre corps et nos sens ; ce feu éternel fut montré par la sainte Vierge Elle-même, à Lucie, Jacinthe et François, le 13 juillet 1917, à Fatima, pour nous montrer où vont les âmes des pauvres pécheurs. D : Qu'est-ce que le péché véniel ? La matière du péché peut être plus ou moins grave, et le consentement plus ou moins réfléchi, plus ou moins parfait. Si la matière du péché est légère ; par exemple, si on vole un ou deux sous à une personne riche, le péché, quoique commis avec une pleine advertance, avec une attention suffisante pour s'apercevoir de ce qu'on fait, n'est que véniel ; il en est de même si on ne donne à la violation de la loi de Dieu qu'un consentement imparfait, quoique, en soi, la matière soit grave, par exemple, si étant presque endormi on profère quelque blasphème, on commet quelque action contre le sixième précepte, etc. A plus forte raison le péché n'est que véniel lorsque la matière est légère, et qu'il n'y a pas un plein consentement de la volonté. Le péché véniel, d'un mot latin qui signifie pardon, est ainsi appelé, parce que Dieu le pardonne facilement en ce monde, vu la fragilité humaine et la facilité que nous avons de le commettre, et qu'il ne le punit pas dans l'autre vie par des supplices éternels. Les Saints eux-mêmes commettaient quelquefois des fautes en se laissant entraîner un moment, par irréflexion ou faiblesse de volonté, à des négligences dans les exercices spirituels, à des imprudences, à des jugements ou a des paroles contraires à la charité, à un léger mensonge pour s'excuser. Assurément ces fautes sont regrettables, et les âmes ferventes les déplorent avec amertume ; mais elles ne sont pas un obstacle à la perfection : le Bon Dieu, qui connaît notre faiblesse, les excuse facilement ; d'ailleurs nous les réparons presque aussitôt par des actes de contrition, d'humilité, d'amour, qui sont plus durables et plus volontaires que ne l'ont été les péchés de fragilité. Tout ce que nous avons à faire par rapport à ces fautes, c'est d'en diminuer le nombre et d'éviter le découragement.
Lorsque la loi que nous violons n'est pas nécessaire à l'obtention de notre fin, ou lorsque nous la violons en matière légère, ou si la loi étant grave en elle-même, nous ne la transgressons pas avec pleine advertance ou plein consentement, le péché affaiblit en nous la grâce sanctifiante. Nous demeurons unis à Dieu par le fond de notre âme, puisque nous voulons faire sa volonté en tout ce qui est nécessaire pour conserver son amitié et atteindre notre fin. C'est toutefois une transgression de la loi de Dieu, une offense infligée à notre Seigneur Jésus-Christ qui, commis fréquemment et de propos délibéré, prive notre âme de beaucoup de grâces, diminue progressivement la ferveur et nous prédispose au péché mortel. 1°) Le péché véniel affaiblit en nous la grâce sanctifiante : il ne nous prive pas de l'état de grâce, mais il diminue notre amitié envers Dieu ; il ne bannit pas du cœur l'Esprit-Saint, mais il l'y contriste ; il n'éteint pas la charité, mais il la refroidit. Le grand danger qui nous menace alors, c'est de glisser peu à peu jusque dans le péché mortel, car nos tendances au plaisir mauvais augmentent, et par ailleurs les grâces de Dieu diminuent, si bien que le moment vient où nous pouvons craindre toutes les capitulations. Aujourd'hui la paresse nous fait abréger notre méditation de cinq minutes ; demain elle en demande dix ; aujourd'hui, la sensualité n'exige que quelques petites imprudences, demain elle s'enhardit et demande un peu plus. Où s'arrêter sur cette pente dangereuse pour notre âme ? On se rassure en disant que ces fautes ne sont que vénielles ; mais hélas ! elles se rapprochent peu à peu des fautes graves, les imprudences se renouvellent et troublent plus profondément l'imagination et les sens. C'est le feu qui couve sous la cendre et qui peut devenir un foyer d'incendie ; c'est le serpent qu'on réchauffe sur son sein et qui s'apprête à mordre, à empoisonner sa victime. — Le danger est d'autant plus prochain qu'à force de s'y exposer, on le redoute moins : on se familiarise avec lui, on laisse tomber, l'une après l'autre, les barrières qui défendaient la citadelle du cœur, et le moment vient où, par un assaut plus furieux, l'ennemi pénètre dans la place. C'est d'autant plus à redouter que les grâces de Dieu diminuent généralement en proportion de nos infidélités. Par l'attache au péché véniel, nous résistons à la grâce, nous mettons des obstacles à son action dans notre âme, et par là même nous en recevons beaucoup moins de grâces. Or, si avec des grâces plus abondantes, nous n'avons pas su résister aux mauvais penchants de la nature, est-ce que nous le ferons avec des grâces et des forces amoindries ? D'ailleurs, quand une âme manque de recueillement et de générosité, elle ne perçoit guère ces mouvements intérieurs de la grâce qui la sollicitent au bien : ils sont vite étouffés par le bruit des passions qui se réveillent. Du reste, la grâce ne peut nous sanctifier qu'en nous demandant des sacrifices, et les habitudes de jouissances acquises par l'attache aux fautes vénielles rendent ces sacrifices beaucoup plus difficiles. On peut donc conclure que la ruine des âmes vient de la multiplication des péchés véniels, qui causent la diminution des lumières et des inspirations divines, des grâces et des consolations intérieures, de la ferveur et du courage pour résister aux attaques de l'ennemi. De là s'ensuit l'aveuglement, la faiblesse, les chutes fréquentes, l'habitude, l'insensibilité, parce que l'affection étant gagnée, on pèche sans sentiment de son péché. D : Quels seront les effets du péché véniel dans l'autre vie ? Le péché véniel nous rend coupable des peines temporelles, c'est-à-dire de peines qui dureront plus ou moins longtemps, mais qui auront une fin ; ces peines, il faut les subir ici-bas, en se livrant aux exercices de la pénitence ; ou bien il faudra les subir après la mort, dans les flammes du purgatoire. Cette peine n'est pas éternelle, et c'est là ce qui la distingue des peines de l'enfer. Mais, pendant un temps plus ou moins long, proportionné au nombre et à l'intensité de leurs fautes, ces âmes qui aiment Dieu, qui, séparées de toutes les jouissances et distractions de la terre, pensent constamment à Lui et désirent ardemment voir sa face, sont privées de sa vue et de sa possession, et souffrent d'indicibles déchirements. Elles comprennent maintenant qu'en dehors de Lui elles ne peuvent être heureuses ; et voilà que se dressent devant elles, comme un obstacle insurmontable, cette multitude de fautes vénielles qu'elles n'ont pas suffisamment expiées sur la terre. Le purgatoire est donc destiné à enlever les souillures de l'âme avant son entrée au ciel. Dieu aime ces âmes d'un amour sincère, tendre et paternel ; il désire ardemment se donner à elles pendant toute l'éternité ; et s'il ne le fait pas, c'est qu'il y a incompatibilité absolue entre sa sainteté infinie et la moindre tache, le moindre péché véniel. Nous ne saurons donc jamais trop haïr, trop éviter, trop réparer nos péchés véniels par la pénitence.
Pécher par pensées, c'est occuper volontairement et avec réflexion son esprit des choses mauvaises ou dangereuses ; pécher par paroles, c'est dire ce qu'on ne doit pas dire, comme quand on parle contre la vérité, contre la charité, etc. Péché par action, c'est faire ce qui est défendu par la loi de Dieu ou par la loi de l'Église ; par exemple, frapper le prochain, lui dérober ce qui lui appartient, c'est pécher par action. D : Qu'est-ce que le péché d'omission ? Ou commet un péché d'omission toutes les fois qu'on manque de faire ce qui est commandé par la loi de Dieu ou par la loi de l'Église : ainsi ne point faire l'aumône quand on en a la moyen ; ne point communier à Pâques ; ne point jeûner pendant le carême, quand on n'a point d'empêchement légitime ; passer des années entières sans s'approcher du tribunal de la pénitence, etc. c'est pécher par omission. D : Est-ce un péché que de faire une chose que l'on croit défendue et qui ne l'est pas ? Faire une chose que l'on croit défendue, quoiqu'elle ne le soit pas ; par exemple, user des aliments gras un jour où l'on est persuadé qu'il faut faire abstinence, quoique dans la réalité, ce ne soit pas un jour d'abstinence, n'est-ce pas évidemment avoir la volonté de pécher ? De même, omettre une chose que l'on croit être obligé de faire, quoiqu'on n'y soit pas obligé ; par exemple, ne point aller à la messe tel jour que l'on croit être une fête d'obligation, quoique dans la réalité, ce ne soit qu'une fête de dévotion, n'est-ce pas évidemment être déterminé à violer la loi et à la fouler aux pieds ? Dans l'un et l'autre cas on commet donc un péché ; on offense Dieu, qui voit le fond du cœur et sait ce qui s'y passe de plus caché et de plus secret : « Dominus autem intuetur cor » Le Seigneur regarde le cœur (I Rois, XVI,7). RÉCAPITULATIF PRATIQUE 1°) Concevez ce que c'est que le péché. Sachez et voyez quel mal c'est, et combien il est amer d'avoir abandonné Notre Seigneur Jésus-Christ. RÉFLEXION SUR LE PÉCHÉ « Quand un médecin offre encore des remèdes à son malade, c'est une preuve qu'il n'a pas perdu tout espoir de le guérir ; mais quand il lui prescrit plus rien et qu'il se retire, c'est une marque qu'il n'attend plus rien de ses efforts. Or, telle est la conduite de notre Père céleste envers nous. Aussi longtemps qu'il nous envoie des souffrances et des afflictions, il nous prouve qu'il espère encore nous retirer de la fange de nos péchés et nous attirer à Lui ; mais quand nous sommes trop avancés dans la corruption et le vice pour qu'il nous envoie aucun châtiment, et qu'il nous laisse aller sans frein, semblable à un cavalier qui lâche la bride à un cheval indompté, c'est là bien le plus triste état où nous puissions tomber ; car alors la juste colère du Seigneur s'appesantira sur nous dans toute sa rigueur. » (St. Jérôme.) PRIÈRE Je viens d'apprendre ce que c'est que le péché. Hélas ! je ne le savais que trop dans la pratique ; mais je n'en concevais pas toute la malice et l'énormité ; j'avalais l'iniquité comme l'eau ; mais maintenant, ô mon
Dieu, je suis instruit, l'on m'a fait sentir toute l'horreur du plus grand de tous les maux. Gravez profondément dans mon cœur l'instruction que je viens de lire ; que jamais je n'oublie quel mal c'est que le péché. Pardon, mon Dieu, d'y avoir si peu fait d'attention jusqu'ici ; je me suis fait un jeu du péché, je me jetais sur un précipice éternel ! Hélas ! j'ai peut-être déjà des milliers de péchés sur ma conscience ! Le premier acte de ma raison a été un péché ; j'étais affranchi du joug de Satan, et je l'ai repris par mon choix, par ma propre volonté ; j'ai perdu l'innocence de mon Baptême, la grâce, l'amitié de mon Père céleste ; je suis dans sa disgrâce actuellement !. En quel état suis-je réduit, moi l'enfant de Dieu ? Enfant prodigue ! j'ai tout dissipé, tout perdu ! les richesses du ciel, la beauté dont mon âme était décorée... Ô bon Père ! voici le prodigue à vos pieds ; j'ai péché en votre divine présence et contre Vous ! Pardon ! ouvrez-moi s'il Vous plaît votre cœur paternel et recevez-moi entre les bras de Votre miséricorde. Oui, je sens ma confiance se ranimer avec ma douleur ; aussi, donnez-moi la force d'aller confesser tous mes péchés et de faire pénitence, afin d'être admis à la table de communion. Ainsi soit-il.
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