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Catéchisme |
| SOMMAIRE PETIT CATÉCHISME POUR ENFANTS Trinité Théologales CATÉCHISME POUR ADULTES de Dieu de la vraie Église point de salut de l'Église des Saints Apôtres La morale et les péchés : Théologales Commandements de Dieu : commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement commandement Commandements de l'Église : commandements commandement commandements La Grâce, les Sacrements, la prière Conscience dominicale Angélique chrétien |
ENSEIGNEMENTCATÉCHISME POUR LES ADULTES. QUARANTE SEPTIÈME LEÇON L'ORGUEIL
On a de l'orgueil quand on s'aime soi-même jusqu'à se préférer aux autres et à se croire plus que l'on n'est ; c'est trop s'aimer ; cet amour de soi est déréglé. L'orgueil attaque les droits de Dieu, sa gloire, en ce que l'homme s'élève, s'enfle en s'attribuant ce qui ne lui appartient pas. « A vous, Seigneur, est la magnificence, la puissance, la gloire et la victoire ; à vous la louange ; car tout ce qui est dans le ciel et sur la terre est à vous ; à vous, Seigneur, est le règne, et c'est vous qui êtes au-dessus de tous les princes. A vous les richesses et à vous la gloire ; c'est vous qui dominez sur toutes les créatures : en votre main sont la force et la puissance : en votre main la grandeur et l'empire sur toutes choses » (I Paralipomènes (Chroniques) XXIX, 11-12) ; quand l'homme se glorifie lui-même, il usurpe donc les droits de Dieu à qui appartient tout l'honneur et la gloire ; voilà pourquoi le Seigneur résiste aux superbes et se plaît à les confondre, mais donne la grâce aux humbles (Jacques IV, 6). L'orgueil est le péché des démons qui se crurent plus qu'ils n'étaient et qui voulurent s'égaler à Dieu. DEMANDE : Quels sont les effets de l'orgueil ? L'orgueil produit un grand nombre de péchés et de vices que les saints docteurs appellent ses filles ; les principaux sont : 1°) le mépris du prochain, que l'orgueilleux ne regarde et n'écoute qu'avec dédain, parce qu'il s'imagine valoir mieux que lui et lui être supérieur. Quand on se croit plus que l'on n'est, on se croit aussi plus que les autres ; on les méprise, on le regarde de sa hauteur. Un élite, un riche, méprise le petit et le pauvre. L'enfant du riche, enflé d'orgueil du bien de son père, méprise l'enfant du pauvre. On s'imagine avoir plus d'esprit, être plus savant qu'un autre, on le regarde avec mépris. Pitoyable enflure de l'orgueil ! Celui que vous méprisez est peut-être mille fois plus estimé, plus aimé de Dieu que vous. Vous méprisez votre voisin, parce qu'il n'a pas de si beaux habits que vous ; eh ! cette personne a peut-être la parure de l'âme et est alors plus belle que vous aux yeux de Dieu. L'orgueilleux est bien aveugle et bien extravagant ; il va bien contre ses propres intérêts, il se couvre de mépris en méprisant les autres ; car, remarquez-le bien, on déteste les orgueilleux ; la société se sépare toujours de ces gens fiers qui veulent s'élever au-dessus des autres. La parole de Jésus-Christ s'accomplit dès cette vie contre eux : « Quiconque s'élève, sera humilié ; quiconque s'abaisse et s'humilie sera exalté » (Matth. XXIII, 12). Voulez-vous donc être vraiment estimables et estimés des autres ? Soyez modestes ; regardez-les toujours comme plus parfaits et plus estimables que vous. 2°) l'ambition, qui est un désir immodéré de se distinguer des autres, de s'élever au-dessus d'eux, d'obtenir des honneurs, des dignités. S'élever toujours plus, c'est la soif des honneurs et des distinctions : autre effet de l'orgueil que Jésus-Christ reprochait aux Pharisiens, lorsqu'il disait : « Ils aiment les places distinguées dans les repas et les premières chaires dans les Synagogues » (Matth. XXIII, 6). L'ambition est le péché ordinaire des grands ; ils veulent toujours avancer dans les rangs et les emplois distingués ; c'est la passion des présidents et gouvernants, des affairistes, des financiers, qui veulent toujours étendre leur empire. Hélas ! que de drames répandu par l'ambition. C'est de là que sont venues toutes les guerres et révolutions qui ont ravagé la terre depuis le commencement du monde. Le dirai-je ? Ce fruit fatal de l'orgueil a germé jusque dans nos campagnes ; on y est ambitieux à sa manière, jusque dans les conditions les plus simples. Ambitionnez plutôt des grandeurs dignes de vous : la gloire éternelle. 3°) la vanité, qui est un désir d'occuper de soi les autres et d'obtenir leurs louanges ; 4°) la vaine gloire, qui fait que l'on se glorifie des bonnes qualités qu'on a, et qu'on s'attribue même souvent celles qu'on n'a pas. Quand nous avons de l'orgueil, nous avons une gloire vaine, fausse, qui ne nous appartient pas ; nous nous glorifions de qualités que nous n'avons pas ou qui ne viennent pas de nous. L'orgueil fait que l'on recherche les louanges et l'estime des hommes dans le bien que l'on fait. Par exemple, vous avez de l'orgueil si en faisant bien votre travail, vous cherchez à ce qu'on vous loue, qu'on dise que vous avez du talent, de l'habileté ; c'est le vice que Jésus-Christ reprochait aux Pharisiens. Vous avez encore de la vaine gloire si vous vous complaisez dans la parure et la beauté, si vous vous glorifiez de vos talents, de vos richesses, de vos parents, de votre force, de votre science, etc., parce que tout cela ne vient pas de vous. Tout don parfait nous vient de Dieu qui est le Père des lumières (Jacques I, 17). Votre gloire est donc vaine, puisque tout cela ne vous appartient pas. Vous usurpez les droits de Dieu à qui appartient la gloire de tout cela ; vous l'outragez en faisant parade de ses dons. Vous êtes un ingrat, dit Saint Thomas, vous vous attribuez ce qui vient d'un autre ; ainsi cet orgueil tient au vice de l'ingratitude. Mais de plus, voyez combien cet orgueil est extravagant, puéril, ridicule ; c'est comme si une statue se glorifierait de ce que la main du statuaire l'a faite belle, ou de ce qu'on l'aurait couverte de riches draperies. Pourquoi donc vous glorifiez-vous en ce que vous avez reçu, comme si vous ne l'aviez pas reçu ? « C'est en vain, ô mon Dieu ! s'écrie Saint Augustin, que nous voulons être loués des hommes. Ces hommes qui nous applaudissent ne nous défendront pas contre vous lorsque vous nous jugerez ; ils ne nous arracheront pas d'entre vos mains lorsque vous nous condamnerez. » Concluez de tout cela, avec l'Apôtre Saint Paul, qu'il ne faut pas désirer la vaine gloire. 5°) l'ostentation, qui est l'affectation de faire voir aux autres les avantages que l'on possède, soit en richesses, soit en talents ; 6°) la présomption, qui est un penchant déréglé du cœur par lequel l'homme, d'après la bonne opinion qu'il a de lui-même, entreprend avec témérité des choses au-dessus de ses forces. L'on est présomptueux quand on se fie trop sur ses propres forces, quand on se croit capable de tout ; quand on croit pouvoir, par soi-même, faire le bien, éviter le mal, résister aux tentations, aux dangers, aux occasions de péché ; fréquenter les mauvaises compagnies, lire de mauvais livres, en disant audacieusement : Je ne risque rien, je suis assez fort, je ne succomberai pas. Je m'en tirerai comme j'ai déjà fait, disait Samson, mais il n'avait plus en lui la force de Dieu ; sa présomption fut punie ; il tomba entre les mains des Philistins. Il faut toujours se défier de soi même et mettre toute sa confiance en Dieu. Toute la science de l'homme est de savoir qu'il n'est rien par lui-même, parce que tout ce qu'il est, il l'est de la part de Dieu et pour Dieu ; car, qu'est-ce que vous avez que vous n'ayez reçu ? 7°) l'hypocrisie, par laquelle, pour s'attirer l'estime des hommes, on s'efforce de paraître meilleur qu'on ne l'est véritablement. C'est une passion fourbe et trompeuse, elle prend le masque de la vertu. On veut paraître sage, dévot, honnête homme, etc., sans l'être en effet. Sépulcres blanchis, disait le Sauveur, vous paraissez revêtus d'ornements aux yeux des hommes, et dans le fond vous ne renfermez que les ossements et la pourriture (Matth. XXIII, 27). Vous affectez un extérieur pénitent, mortifié ; vous faites de longues prières en public pour vous concilier l'estime, et vous êtes médisants , injustes, jaloux, faux, trompeurs, corrompus dans l'âme. Ce vice que Notre Seigneur reproche avec tant de force aux Pharisiens, ne peut-on pas l'appliquer à beaucoup de personnes qui affectent la piété et la dévotion ? On est hypocrite lorsque l'on cache ses péchés en confession pour obtenir une absolution, lorsque l'on communie sacrilègement à Pâques ou à d'autres solennités, pour être estimé, de peur d'être remarqué : c'est le défaut des enfants, des faibles d'esprit et d'autres qui veulent satisfaire à des yeux vigilants qui les observent, et captiver leur estime et leur bienveillance par les dehors de la dévotion. Écoutez là-dessus ce que nous dit notre divin Maître : « Prenez garde à ne pas faire votre justice devant les hommes, pour en être vus d'eux ; autrement vous n'aurez point de récompense de votre Père qui est dans les cieux » (Matth. VI, 1). 8°) l'opiniâtreté, qui fait qu'on s'entête tellement dans sa manière de voir les choses, qu'on ne veut point se rendre à l'avis des autres. C'est ce genre d'orgueil qui a produit toutes les hérésies et les schismes qui ont désolé la religion dans tous les siècles ; orgueil inflexible et rebelle qui n'a jamais voulu plier sous les décisions et l'autorité de l'Église ; esprit de parti qui a toujours entraîné les séditions, les désordres et la perte de plusieurs millions d'âmes. L'opiniâtreté est ordinairement le tourment des sociétés. Chacun veut y abonder dans son sens et dominer par ses sentiments ; de là les querelles, les disputes, la désunion jusque parmi les frères et les amis ; de là les procès, les chicanes, que l'on pousse à toute outrance. On ne veut pas avoir tort, on ne veut pas céder, et pour cela on emploie tous les moyens, licites ou non : pièges, artifices, méchancetés, subornations, faux témoignages, travaux, dépenses, voyages, rien n'est épargné ; on sacrifie son repos, son argent en procès, pour faire réussir une mauvaise affaire et triompher d'un concurrent à qui on ne veut pas céder une juste victoire. L'orgueil ! ô effets funestes de l'orgueil ! que de ravages vous avez occasionnés dans tous les temps et dans toutes les sociétés ! Mais aussi quelles vengeances le Seigneur a-t-il toujours tirées de ce vice anti-social ? Écoutez-en l'histoire des punitions de l'orgueil : Nabuchodonosor (Daniel IV) ; Baltassar (Daniel V) ; Aman (Esther VII) ; Antiochus (I Machab. VIII) ; Hérode (Actes XII). 9°) la désobéissance, qui fait qu'on ne veut dépendre d'aucune autorité, qu'on refuse de se soumettre aux avis ou aux ordres de ses supérieurs, et qu'on en vient quelquefois jusqu'à la haine, au mépris, aux injures, etc. 10°) Enfin l'orgueil revêt lui-même mille formes diverses, telles que la hauteur, la fierté, l'arrogance, la suffisance, la fatuité, la pédanterie.
L'humilité est une vertu qui, par la connaissance qu'elle donne à l'homme de sa faiblesse, de son impuissance, de ses misères, de son aveuglement, de sa corruption, de son néant, fait qu'il se méprise sincèrement lui-même, et l'empêche de mépriser les autres et de chercher à s'élever au-dessus d'eux.
A ces traits ne reconnaissez-vous pas la vertu la plus douce et la plus sociale ? TRAITS HISTORIQUES Parole de saint Pacôme à un orgueilleux : Le principal soin de saint Pacôme était de guérir ses disciples de leurs passions, et surtout de l'orgueil. Un moine fit un jour le double de son ouvrage : deux nattes au lieu d'une, et les mit dans un lieu où il savait qu'elles seraient aperçues de l'abbé. Pacôme les aperçut, en effet, et devinant le motif du frère : « Voilà, dit-il, bien du travail et des peines pour le démon. » Il réprima ensuite cette vanité par des humiliations salutaires. Le religieux fut encore condamné à garder sa cellule pendant cinq mois, sans autre nourriture qu'un peu de pain, de sel et d'eau. Humilité de saint François Cahacciolo : Saint François Caracciolo, fondateur des clercs réguliers mineurs, après avoir passé plusieurs années en Espagne, revint pour quelques jours à Villa-Santa-Maria, lieu do sa naissance. Dès que les habitants l'eurent reconnu, ils accoururent en foule, lui prodiguant toutes les marques de la vénération la plus profonde. Son humilité en fut alarmée ; il s'arrêta sur la grande place de la ville, s'agenouilla par terre, tira de sa poche un crucifix, et, le montrant à ceux qui l'environnaient : « C'est à cette image sainte, mes frères, leur dit-il, que vous devriez rendre vos hommages, et non à un misérable pécheur comme moi, qui ne suis revenu parmi vous qu'afin de réparer les scandales que je vous ai donnés dans ma jeunesse. Retirez-vous et ne me privez pas des fruits de la pénitence que je veux faire de mes fautes passées. Perdez-en le souvenir, et rappelez-vous qu'il n'est point d'homme qui se puisse dire juste en cette vie, surtout lorsqu'il se sent déchiré de remords pour les péchés qu'il a commis autrefois. » Après cet acte d'humilité, il alla se cacher dans un lieu retiré et, le lendemain, il partit discrètement pour Naples. RÉCAPITULATIF PRATIQUE 1°) Concevez de l'horreur des péchés capitaux, puisqu'ils sont la cause de tous les autres péchés. PRIÈRE Mon Dieu ! nous venons d'apprendre ce qu'est l'orgueil, ce péché principal qui a précipité les anges dans l'abyme. Hélas ! nous n'en concevions pas toute l'énormité et les suites funestes ; mais grâces vous en soient rendues, nous les connaissons aujourd'hui. Pardon, Seigneur, d'avoir été si orgueilleux, si fiers, si hautains, si présomptueux, si ambitieux, si insolents, si hypocrites ! Nous allons descendre de celte montagne d'orgueil qui nous précipiterait dans l'abyme. Parlez, Seigneur, faites retentir jusqu'au fond de nos cœurs cette aimable leçon : "Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur". Nous l'écouterons ; nous vous suivrons, ô notre divin modèle ! nous serons doux et humbles comme Vous ; nous laisserons aux orgueilleux la vanité, l'ambition, les honneurs ; nous aimerons mieux vivre ignorés et tranquilles, connus de Vous seulement, puisque nous ne sommes que ce que nous sommes à vos yeux et rien de plus. Conservez-nous toujours dans la petitesse des enfants, puisqu'il faut être petit comme eux ; et à ce prix accordez-nous d'entrée au royaume des cieux. Ainsi soit-il.
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